J'voulais partager le lavabo, qu'on se brosse les dents en papotant, que tu me prêtes ta main pour laver mon dos
J'voulais te mater derrière le rideau, l'air de rien, voir ton cul comme il est beau, et glousser en recevant quelques gouttes de jet d'eau.
J'voulais te regarder préparer mon café, te planter dans les quantités, me forcer à finir la tasse sous ton regard satisfait en avalant mécaniquement la banane de mon pti déjeuner.
J'voulais qu'on parle politique et religion, qu'on s'explique, qu'on polémique, qu'on s'engueule comme deux vieux cons.
J'voulais qu'on se promène, qu'on s'apprenne, qu'on se laisse le temps, qu'on erre entre espace et passe-temps.
J'voulais qu'on s'enlace, qu'on se délasse, qu'on se laisse glisser du canapé sur la paillasse.
J'voulais me donner corps et âme, cœur vibrant sous les étoiles de tes yeux embués du rire aux larmes.
J'voulais exister dans un sourire, dans ton regard, donner une chance à ce solitaire sauvage
J'voulais être ton homme, celui de toutes les situations, des citations graveleuses aux tentations scabreuses.
Mais je ne serais pas.
Pas encore.
Pas cette fois.
Je ne voulais pas être statue de pierre, encombrée de gravas en attendant qu'un passant se soucie de moi.
En passant, je ne regrette rien. Sauf que tu ne me vois pas.
D'après petite souris déglinguée sur haut et fort
C'que tu en dis